L’obésité infantile, un phénomène inquiétant
A lire aussi sur le blog de Cerise l’article : FAQ : Guide de la nutrition de la naissance à 3 ans
Un bébé tout rond n’est guère inquiétant, au contraire, l’enfant a besoin de réserve. Cependant, sa courbe de poids doit rester harmonieuse. Si celle-ci pointe brusquement vers le haut et qu’elle franchit successivement deux à trois courbes officielles, il est urgent de se mobiliser avant que l’obésité s’installe chez l’enfant.
Selon les National Institutes of Health (NIH), deux-tiers de la population américaine est aujourd’hui en surpoids. Parmi ceux-ci, un tiers souffre d’obésité. L’obésité est en passe devenir le problème de santé publique numéro 1 aux Etats-Unis. Selon les derniers travaux d’Ali Mokdad et de ses collègues des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), si la principale cause de décès reste le tabac avec 18,1% des morts, l’obésité apparaît désormais au second rang avec 16,6%.
Selon un rapport de l’International Obesity Task Force (IOTF), 1 enfant sur 5 (20%) est en surpoids ou obèse en Europe. C’est dans la région méditerranéenne que l’on trouve la plus forte prévalence : certains pays présentent même une proportion d’enfants en surpoids supérieure à celle des Etats-Unis estimée à 30%. Et la France n’est pas en reste, elle occupe une position intermédiaire dans la prévalence de l’obésité et du surpoids chez l’enfant : 18% des petits Français seraient en surpoids, dont environ 4% d’obèses.
Comment en est-on arrivé là ? Simple : malbouffe, sédentarité …
Le rapport explique que l’obésité est une question complexe qui relève de plusieurs facteurs : hérédité, habitudes alimentaires, activité physique, situation familiale, etc. Selon l’Institut national de la nutrition, la probabilité qu’un enfant devienne obèse serait de 10 % s’il a des parents de poids normal, de 40 % si un des parents est obèse, et de 80 % si les deux parents sont obèses.
Seul, 1% des obésités de l’enfant ont une réelle cause endocrinienne, métabolique ou génétique. L’excès de poids chez l’enfant est dans tous les autres cas lié à :
- - Un manque d’activité physique : le facteur le plus incriminé dans l’augmentation de l’obésité infantile est la baisse d’activité physique avec la diminution des jeux d’extérieur au profit de la télévision, de l’ordinateur et des consoles de jeux. Les enfants ne sont-ils pas censés passer des heures à jouer, à bouger, à dépenser de l’énergie en activités parascolaires ? Assis pendant six heures par jour sur les bancs de l’école, ils doivent au moins bouger une fois les cours terminés. Branchés sur Internet, captivés par leurs jeux vidéo ou assis devant la télévision, les enfants ne dépensent pas de calories … La meilleure façon de faire bouger vos enfants, c’est de bouger vous-mêmes. Les activités en famille sont bénéfiques et amusantes pour tous !
- - Des causes alimentaires : l’enfant mange de façon déséquilibrée en prenant comme modèle les mauvaises habitudes alimentaires de ses parents. Et ces même parents par démission intellectuelle (ne pas rentrer en conflit avec l’enfant pour avoir la paix) le laisse faire, voir l’encourage. Résultat il dépense moins d’énergie qu’il en absorbe. Il est à noter que dans l’étude de IOTF, le rôle que le père jouera à la maison serait lui aussi un facteur important de risque d’obésité : moins le père s’implique dans l’éducation des enfants, ou plus il est permissif, et plus les enfants risquent d’avoir un Indice de Masse Corporel (IMC) élevé.
À la naissance, 12 à 15% de la masse corporelle totale correspond à de la graisse. Durant les premiers mois de vie, cette proportion de graisse, indispensable au développement de l’enfant, augmente pour atteindre 21 à 23% vers l’âge de 1 an (le beau bébé joufflu!). Ensuite, jusqu’à 6-8 ans, cette proportion de graisse diminue régulièrement. L’enfant est dans sa phase maigre qui inquiète parfois inutilement les parents. Par la suite, la quantité de graisse corporelle augmente à nouveau, jusqu’à la fin de la croissance. Selon certaines études, plus ce «rebond de corpulence» survient prématurément, avant 5 1/2 ans, plus l’enfant risque d’être gros à l’adolescence.
C’est pendant l’enfance que les bonnes habitudes alimentaires doivent être prises, car un enfant victime de l’obésité à toutes les chances d’être un adulte obèse. Et c’est à nous Parents qu’incombe la responsabilité de faire de nos enfants des obèses ou pas … et à personne d’autre ! Les parents sont tellement habitués à voir des enfants en surpoids, que bon nombre ne se rendent pas compte lorsque leur propre enfant devient obèse !
Dans son article Obésité infantile et publicités télévisées (voir à la fin de ce billet l’article complet), l’UFC Que Choisir incrimine la publicité comme responsable de l’accroissement de l’obésité.
Même si elle y contribue très fortement, la source de tous les malheurs en matière de surpoids n’est pas la publicité. Croire cela reviendrait à penser que les parents de ces futurs petits obèses n’auraient aucune responsabilité dans la façon dont s’alimentent leurs enfants ! Si je ne m’abuse ce sont les parents qui font les courses, pas leurs enfants ! Une alimentation saine, est une question d’E-DU-CA-TION. Et ce n’est pas “aimer plus” son enfant que de le gaver de Mc Do, de friandises ou de crèmes au chocolat tous les soirs. Et l’excuse “il n’aime que ça” n’est là que pour conforter les spécialistes de la démission intellectuelle. Si le dîner se compose de haricots et de poulet, croyez-moi, l’enfant ne va pas se laisser mourir de faim !
Bien aimer ses enfants c’est aussi les guider vers un mode de vie sain que ce soit dans le domaine alimentaire, sportif, ou relationnel.
| Article original (au cas où il disparaîtrait) du site de l’UFC Que Choisir : Obésité infantile et publicités télévisées. Seule une loi peut mettre fin au harcèlement alimentaire des enfants ! (lien original : ici)
Un an après la publication de son enquête sur le rôle de la publicité télévisée dans l’obésité infantile, l’UFC-Que Choisir démontre, étude à l’appui, que le harcèlement alimentaire des enfants à la télévision ne faiblit pas ! 87 % des publicités diffusées lors des programmes pour enfants portent sur des produits très gras ou sucrés ! L’absence de progrès notable (en 2006, 89 % des spots portaient sur des produits gras ou sucrés) montre que les annonces de l’industrie au cours de ces douze derniers mois, n’étaient que des engagements en trompe-l’oeil. En concentrant sa communication publicitaire sur des produits manifestement déséquilibrés, l’industrie agroalimentaire participe, aux côtés des cantines défaillantes et des rayons déséquilibrés des grandes surfaces, à l’augmentation alarmante de l’obésité infantile. Quant aux pouvoirs publics, en refusant de se saisir de ces dossiers, ils acceptent qu’avec une augmentation annuelle de 5,7 %, la France prenne la voie des Etats-Unis où 66 % des personnes sont en surpoids ou obèses. Aux côtés des autres associations concernées par la problématique de l’obésité infantile (AFD, ANDRM, CCC, FCPE, PEEP, ), l’UFC-Que Choisir demande donc aux parlementaires de voter une loi interdisant la diffusion des publicités pour les produits les plus gras et les plus sucrés, lors des programmes pour enfants. Pour être efficace, cette mesure doit aussi s’inscrire dans le cadre d’une politique globale de prévention de l’obésité infantile, s’attaquant à l’ensemble des facteurs identifiés. L’UFC-Que Choisir propose notamment d’instaurer une TVA sociétale alimentaire en appliquant un taux de TVA majoré à 19,6 % aux produits les plus riches en matières grasses, sucre ou sel, pour inciter les consommateurs à se reporter sur des produits plus sains, bénéficiant d’un taux de TVA minoré. Par ailleurs, les critères nutritionnels applicables aux cantines scolaires doivent devenir obligatoires. L’UFC-Que Choisir refuse de laisser la pandémie progresser sans réagir et appelle les députés à prendre leurs responsabilités. A cet effet, l’UFC-Que Choisir part en campagne : - Sur Internet, avec le site www.obesipub.org où les internautes peuvent demander aux parlementaires d’agir pour que la télévision arrête de faire avaler n’importe quoi à nos enfants. - Sur le terrain, où ses associations locales vont organiser en octobre et en novembre des conférences-débats pour sensibiliser l’opinion publique et les élus. |









