Lettre à ma chère (future) famille …
Madame, Monsieur,
Je me permets de me rapprocher de vous car je pense que vous pourrez m’être d’un très grand secours d’ici quelques mois. En effet, je viens d’emménager depuis quelques semaines dans un petit appartement douillet et très confortable (sans fenêtre mais avec piscine). Je suis nourri, logé et on ne me demande rien en contre partie. Le problème c’est que c’est un bail précaire et ma propriétaire, une femme absolument charmante soit-dit en passant, m’a déjà averti de mon expulsion d’ici quelques mois. Parait-il que je deviendrai trop encombrant, trop remuant…
Je ne fais peut-être pas beaucoup de ménage mais quand même, entre vous et moi, c’est un peu rude, non ! Mais bon, ainsi va la vie en ce bas monde. Et au fond, je suis d’accord avec elle, je ne suis pas vraiment le locataire rêvé : je ne paie pas de loyer et quand j’aurai bien pris mes marques, je risque même de céder à mes instincts en fouillant dans les affaires de tout le monde…
Malgré tous mes arguments, protestations et tentatives amadouantes, malheureusement pour moi, sa décision est irrémédiable et sans appel. Elle me l’a fermement dit lorsque j’ai tenté de renégocier le bail de janvier 2008 …
Ne sachant où aller ce jour-là, car je serai peu autonome, j’ai cherché et, dieu merci, j’ai déjà trouvé un gentil monsieur un peu bedonnant qui va m’accepter dans son foyer. Je lui ai promis de ne pas abuser de son hospitalité (heu … de toute façon, visiblement j’ai pas intérêt … il est gentil, mais il à pas l’air commode … surtout le matin). J’ai besoin qu’il me prévoit un petit coin à moi, quelques vêtements, de quoi manger à tous les repas et faire mes petits besoins.
Ce monsieur m’a par contre déjà annoncé que lui et cette fameuse propriétaire auront parfois envie de sortir s’amuser, se reposer, se changer les idées… Ils ne pourront pas toujours s’occuper de moi, pour diverses raisons qui m’échappent encore mais qui sont certainement justifiées.
…et c’est ici que je demande votre intervention !
Je me demandais si, par chance, vous seriez d’accord pour me tenir compagnie dans ces moments de solitude ? Si vous êtes d’accord, j’aimerais même vous appeler grand-maman, grand-papa, grand-frère, grand-oncle/tante…
Ah… J’oubliais un dernier point… Je ne peux pas vous promettre de ne pas faire de bruit, ni de ne pas gâcher vos nuits, ni de ne pas monopoliser un petit peu trop l’attention sur moi. Mais je vous promets, en échange, tout l’amour que je serai en mesure de vous donner.
Alors?
C’est oui ? Hein ? C’est oui ?
Signé : Junior(e), en route depuis peu, et qui vous aime déjà beaucoup!








