Aujourd’hui avec ma Maman à Moi on est allé au bureau de vote pour mettre un bulletin dans l’urne … j’ai pas bien compris pourquoi il fallait mettre l’enveloppe dans la boîte, mais Maman à Moi elle m’a dit que plus tard je comprendrais et que j’étais trop petite pour comprendre (grr … ça commence ! Je sens que je vais l’entendre plein de fois cette phrase) …
Note du Papa : Ma chère Cerise, expliquer l’élection présidentielle revient à expliquer rapidement le principe du marketing :
- - Différenciation des différents types d’acheteurs potentiels de produits
- - Estimation de la « solvabilité du segment » (que gagne-t-on à faire de la publicité pour ces gens là. Combien sont-ils, quel est leur pouvoir d’achat yaourts, etc …)
- - Puis on détermine les segments et on crée un discours spécifique pour chacun d’entre eux, avec un message publicitaire propre (choix du support de pub, choix de ton du message, éventuellement choix de la marque, du logo, etc …). Le but est simple : un message unique pour tout le monde ne vendrait pas, car les gens ne se sentiraient pas concernés. L’être humain est individualiste depuis 60 ans (en gros, depuis que l’Etat s’est substitué aux solidarités familiales). Il veut donc un message qui le concerne, qui lui rappelle qu’il existe en tant que membre d’un certain groupe social (un segment, donc), et ca lui fait plaisir, donc il y est réceptif.
La politique, c’est pareil. On a deux grandes forces en présence (UMP / PS), qui en gros se partagent la moitié des électeurs chacun. La bataille à chaque élection dépend donc en grosse partie de ces quelques voix qui peuvent faire la différence. Ces deux partis sont les seuls à pouvoir gagner, car les seuls bénéficiant d’accords de taille avec les plus grosses entreprises de France, accords en échange desquels elles renverront l’ascenseur une fois élues. Cette connivence malsaine leur assure des financements suffisants pour faire une campagne de pub d’envergure.
Seulement voila, une publicité pour séduire 50% des français, c’est pas possible en yaourt, et encore moins possible en politique. D’autant qu’on les a bassiné toute l’année pour leur faire croire qu’ils appartiennent à une case bien précise pour mieux leur refourguer les fruits de nos surproductions, du coup, un message trop grossier ne satisferait aucune communauté d’acheteurs ! Les deux mastodontes vont alors aller convaincre leurs adhérents les plus crédibles sur leur segment de marché de créer des partis bidons (généralement ils s’y prennent une élection avant pour pas que ce soit trop gros, et encore), bien ciblés sur un type d’électorat que le message mainstream du mastodonte doit occulter pendant sa campagne de masse. En gros on a identifié des segments sur lequels il fallait un message publicitaire particulier, et le message publicitaire va être relayé par un candidat (une baudruche) et un parti (une baudruche) à part entière. Caricaturés à l’extrême, ces partis ne sont là que pour contenter les sensibilités communautaires et pour flatter le désir de reconnaissance de chacun.
Le but ? Rapatrier les voix de ces électeurs qui veulent se sentir exister, les centraliser sur un membre du parti, qui ne manquera pas (pour satisfaire à ses obligations contractuelles) de faire un report « républicain » de ses voix sur son employeur au deuxième tour (PS ou l’UMP).